Le mot du président – Septembre 2023

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Chères amies, chers amis,

En plein été, nous avons donc pris connaissance de l’arrêté ministériel réduisant la contribution au développement de l’emploi (CDE) après seulement deux ans d’expérimentation dans le cadre de la deuxième étape. Cette contribution finance pourtant une part des emplois créés dans les entreprises à but d’emploi (EBE) en complémentarité du chiffre d’affaires développé. Nous avons tenté, avant sa publication, d’inverser le cours des choses, mais notre position n’a pas été entendue par le Gouvernement, et ce, au nom des restrictions budgétaires. 


C’est un raisonnement à courte vue car, encore une fois, les économies générées par le projet, tout comme les impacts pour les personnes et les territoires ne sont pas pris en compte dans leur globalité. Il nous a ainsi fallu 8 ans d’expérimentation pour obtenir 40 millions d’euros de financement en 2023. Alors que dans le même temps, en quelques mois, la ville de Rome mobilise 100 millions d’euros pour lancer deux territoires d’expérimentation. On voit bien dans cet exemple que l’ambition politique n’est pas au rendez-vous. Le seul signal envoyé par le Gouvernement est celui d’une volonté de “réguler l’expérimentation”, un signal négatif au moment où l’Europe s’engage à essaimer le projet.


Tout n’est pas une question d’argent, et fort heureusement. C’est aussi le sens de notre combat que de le faire reconnaître. La controverse sur le coût de l’expérimentation est le champ d’expression d’idéologies dominantes qui mettent en avant la responsabilité individuelle des personnes privées durablement d’emploi mais jamais la responsabilité collective.


Rien ne nous a été offert, ni épargné, depuis le départ. Nous avons gagné chaque avancée, parfois même petite, par notre capacité collective de mobilisation. Si nous voulons réussir cette deuxième étape et préparer la suite, nous devons remobiliser les parlementaires, les élu·es locaux·ales dans les territoires pour leur expliquer le projet, son ambition et ses impacts. Nous devons constituer une force motrice qui emporte le changement, dans la diversité. Loin des aventures individuelles, des égos ou des batailles de chapelles, nous allons engager une grande concertation, dont les principes et le calendrier ont été présentés lors de notre assemblée générale. Cet élan collectif, dans lequel chacun aura sa place, ne sera pas la somme des individualités, mais, je l’espère, le moment de se dépasser pour dessiner le futur possible du droit à l’emploi pour tous.


Je vous souhaite une bonne rentrée à toutes et tous.

Laurent Grandguillaume
Président de Territoires zéro chômeur de longue durée