Les réseaux impliqués dans l’emploi des personnes en situation de handicap appellent les pouvoir publics à agir en faveur de leur insertion professionnelle

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Malgré des décennies de mesures incitatives, avec un taux d’activité de 45 % selon l’INSEE et un taux de chômage persistant à un niveau presque deux fois supérieur à celui de la population générale, le constat est sans appel : les personnes en situation de handicap restent les grandes oubliées du marché du travail.

Acteurs du travail protégé et adapté, de la réadaptation professionnelle, de l’insertion par l’activité économique ou encore de la lutte contre la privation durable d’emploi, nous partageons à la veille de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) 2026 une même ambition : permettre à chacun d’accéder à une solution d’emploi adaptée à sa situation, à ses capacités et à ses aspirations. Les coopérations menées dans nos réseaux démontrent que des résultats concrets sont possibles. C’est pourquoi, nous appelons à passer d’une approche qui part des besoins et des aspirations des personnes pour faire évoluer le monde du travail et les solutions d’accompagnement, plutôt que de demander aux personnes de s’y adapter.

Pour une adaptation de l’emploi aux besoins des personnes en situation de handicap

La proposition de loi en cours d’examen visant à faire entrer l’expérimentation Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée dans le droit commun en est un exemple : si les entreprises à but d’emploi accueillent en moyenne plus de 26% de personnes en situation de handicap dans leurs effectifs, c’est qu’un changement est possible, dès lors que l’on adapte l’emploi aux personnes. 

À cet égard, nous appelons les pouvoirs publics à soutenir et à amplifier cinq leviers stratégiques :

  1. Généraliser les démarches “d’aller-vers” : L’accompagnement doit sortir des sentiers battus et des logiques administrées pour identifier les personnes les plus isolées, souvent découragées par les ruptures de parcours ou l’exclusion quasi systématique du monde du travail, et garantir l’accès effectif à l’ensemble de leurs droits. 
    ⇒ Nous demandons que le repérage et l’accompagnement des personnes les plus éloignées de l’emploi soient reconnus comme une mission à part entière des politiques publiques de l’emploi, avec des moyens associés, en particulier au sein du service public de l’emploi.

  2. Simplifier l’accès à la reconnaissance administrative (RQTH) : la crainte de la stigmatisation et la complexité des démarches sont des freins majeurs. Le développement de réseaux de pairs-aidants et la sensibilisation des employeurs sont essentiels pour déstigmatiser le statut de travailleur en situation de handicap. Il est également essentiel d’amplifier la lutte contre les discriminations liées au handicap dans la sphère professionnelle et de rendre effective l’obligation d’aménagement raisonnable impartie aux employeurs.
    ⇒ Nous demandons de poursuivre la simplification de l’accès à la reconnaissance du handicap, ainsi qu’à l’ensemble des démarches administratives, afin de garantir l’effectivité des droits. Il est également nécessaire de renforcer les dispositifs d’accompagnement afin de lutter contre le non-recours aux droits et de permettre à chacun·e d’accéder effectivement aux solutions d’emploi adaptées à sa situation.

  3. Privilégier des organisations de travail « sur-mesure » : L’expérience des Entreprises à But d’Emploi (EBE), des entreprises adaptées et des ESAT y compris hors murs ou encore de l’emploi accompagné prouve que la stabilité (CDI ou contrat d’accompagnement par le travail), des rythmes de travail ajustés, un accompagnement pérenne de la personne et un management inclusif permettent de transformer les capacités individuelles en compétences productives. 
    ⇒ Nous demandons que les politiques publiques consacrent l’adaptation de l’emploi aux capacités, aux besoins et aux aspirations des personnes comme un principe structurant des politiques d’emploi et d’inclusion, en s’appuyant sur une offre diversifiée de dispositifs et de parcours pour garantir un accompagnement sur mesure.
  1. Favoriser une coopération inter-acteurs accrue : les ESPO (établissement et service de préorientation) et les ESRP (établissements et services de réadaptation professionnelle), les ESAT dont les hors-murs, les entreprises adaptées, l’emploi comme l’apprentissage accompagné et les structures de l’insertion par l’activité économique disposent d’une expertise précieuse. Articuler ces dispositifs au niveau territorial est la clé pour ne laisser personne sur le bord du chemin. 
    ⇒ Nous demandons que les politiques publiques intensifient la construction de parcours coordonnés entre ces différents acteurs et lèvent les freins administratifs, juridiques et financiers qui limitent parfois ces coordinations afin que chaque personne puisse accéder simplement, au moment opportun, à la solution d’accompagnement vers et dans l’emploi la plus adaptée à sa situation et répondant à ses attentes.
  1. Reconnaître l’ensemble des contributions à l’emploi inclusif dans le cadre de l’OETH. 
    ⇒ Nous demandons une évolution des dispositifs de valorisation de l’achat inclusif afin que les incitations économiques reconnaissent de manière équitable  les contributions à l’emploi inclusif en valorisant en priorité l’impact social produit pour les personnes en situation de handicap. L’achat inclusif est à sécuriser et à développer par des mesures incitatives. A titre d’exemple, selon le dernier Observatoire produit par Hosmoz, seulement 46% des entreprises et organisations publiques estiment que leurs achats auprès des ESAT et des Entreprises Adaptées vont augmenter dans les deux ans à venir. Elles étaient 69% en 2023 (-23 points en deux ans).

Nous sommes convaincus que le droit à l’emploi pour toutes et tous ne pourra devenir une réalité que par une transformation structurelle de nos méthodes. Ces bonnes pratiques, issues de l’expérimentation et des coopérations déjà initiées sur certains territoires, doivent désormais irriguer l’ensemble des politiques publiques de l’emploi. Nous appelons donc les pouvoirs publics à agir en ce sens en garantissant les moyens financiers adéquats

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